LOGO

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mise à jour 05-Jan-2003
en construction

Le langage LOGO a subi en France l'opprobre qu'a justement mérité la gestion du Centre Mondial pour l'Informatique. Sans en faire la langue idéale pour parler à un ordinateur, je suis persuadé que son étude est un bon moyen de comprendre ce qu'est encore l'informatique.

Seymour Papert développa un processeur en 1967 pour ce langage avec Wallace Feurzeig et une équipe de BBN travaillant au centre d'Intelligence Artificielle du MIT. Il n'est donc pas étonnant de noter la présence dans LOGO de constructions héritées de LISP.

Outre le fait d'être un dialecte de LISP, Logo a suscité l'intérêt des éducateurs des années 1980 par son interface graphique Turtle. Un curseur (une tortue peut être déplacée sur l'écran par des commandes élémentaires d'avance et de changement de direction) permet de tracer des figures de manière récursive:

to square
repeat 4 [forward 50 right 90]
end

to flower
repeat 36 [right 10 square]
end

to garden
repeat 25 [set-random-position flower]
end

 

Une telle approche de la programmation est évidemment très loin de la vision BASIC ou Fortran d'un ordinateur avec ses registres et la vision d'une mémoire adressable. je reste persuadé qu'elle devrait faire partie d'un apprentissage méthodique de l'informatique dans les collèges et lycées.

Le langage LOGO est extensible indéfiniment et adaptable aux primitives de la machine. Par exemple, il existe une version 3D du turtle graphics jouant de la musique MIDI et traitant les couleurs.

Par contre LOGO n'a pas de structure de blocs complexe et ne s'applique pas aux grands projets multi-utilisateurs. Tout comme LISP et BASIC, il  a un concept de workspace où sont enfermées toutes les briques servant à réaliser un "projet".

LOGO a rencontré, et tout spécailement en France, le problème de la langue. Ses zélateurs ont imaginé devoir offrir aux jeunes des dialectes en langues nationales (on a même parlé du wolof pour le Sénégal), ce qui est relativement facile à définir, mais cela a contribué à segmenter le langage, à ne pas pouvoir réutiliser les bibliothèques établies ailleurs... LOGO pas plus que le sautres langages informatiques ne respecte pas la structure de la langue française pas plus la classique que la parlée. Pourquoi veut-on franciser seulement une partie de la syntaxe ? Il eut été plus judicieux de définir une forme canonique (avec par exemple les abréviations anglaises) et traduire les mots-clés français par un front-end...