Mongolie

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La Mongolie est sans doute un des pays les plus "exotiques" pour un habitant de l'Europe Occidentale. Certes, nous avons le souvenir scolaire des hordes de Gengis Khan déferlant sur le monde civilisé, encore que trop peu de gens savent faire la différence entre le conquérant mongol du XIIe siècle avec les Huns au Ve ou le Tamerlan du XVe. 
Ce pays fut aux marges de l'Empire Chinois depuis plusieurs centaines d'années, maître ou dépendant du Tibet, puis tomba sous la domination soviétique depuis le succès des Soviets contre la contre-révolution menée avec l'aide des Occidentaux et des Américains en Sibérie. Ce fut ainsi le premier pays satellite de l'Union Soviétique, il garda toutefois une indépendance formelle vis-à-vis de son voisin du Nord qui ne chercha pas à consolider ses républiques d'ethnie mongole (Bouriatie) et la Mongolie-Extérieure.
La Chine qui avait annexé la province de Mongolie Intérieure (Heimenggu) retrouva un certain irrédentisme après 1949. Cependant, les Mongols jouèrent de la rivalité entre URSS et Chine populaire pour sauvegarder leur autonomie.

Lorsque nous avons visité la Mongolie en août 1991, le passage par Moscou était encore la seule voie d'accès normale, l'alternative étant le chemin de fer depuis Pékin ou des vols occasionnels japonais. Le tour organisé faisait donc escale à Moscou et à Irkoutsk avant de prendre le Transsibérien -ou plus exactement le Transmongolien- entre Irkoutsk et Ulan Bator. Ce trajet prenait à peu près 24 heures, avec un trajet longeant le lac Baikal, traversait la république autonome Bouriate avec sa capitale Ulan-Ude, franchissait la frontière soviéto-mongole avec un arrêt de 2 heures, puis traversait les collines de la Mongolie du Nord d'abord boisées puis couvertes d'herbe, à peine entrecoupé de quelques établissements miniers.

Nous descendîmes du train à Ulan-Bator (Ulaan-Baatar en mongol, elle fut connue sous le nom de Urga jusqu'en 1924) et découvrîmes une ville très étendue où notre hôtel était l'un des rares bâtiments dépassant les quatre étages. Le constructeur (occidental) de cet hôtel n'avait, bien entendu, pas approvisionné les pièces de rechange de la plomberie et il me fut nécessaire de plonger dans la chasse d'eau pour en refaire les réglages.

En 1991, le pays avait un gouvernement de transition, issu du parti communiste, ainsi adoptant petit à petit l'ordre économique capitaliste. Donc, à cette époque une économie d'état, rodée par 70 ans de socialisme, fonctionnait tant bien que mal, assurait éducation, sécurité sociale et à peu près électricité et logement dans les villes.
L'année suivante, un jeune ministre des finances, frais émoulu d'un stage dans les universités américaines, plaça la totalité des réserves de la Mongolie dans un fonds à haut risque aux États-Unis et le perdit entièrement. La production d'électricité de Ulan Bator ne tenait plus qu'à un fil (un seul groupe générateur disponible pour tout le pays). Donc, à l'époque de notre voyage, il n'y avait pas encore d'enfants vivant dans les tuyaux. Certes, il y avait des marchés clandestins de paysans vendant des pastèques, de marchands faisant leur shopping à Irkoutsk ou en Chine. La police était bien présente et nous fûmes témoins de quelques opérations de nettoyage de ces activités devant notre hôtel.

La solidarité envers le grand frère soviétique ne s'exprimait guère que dans les monuments : la statue de Sukh-Bataar, le gigantesque monument à l'amitié soviéto-mongole sur une colline au sud de la ville.

Nous avions une accompagnatrice française qui avait passé un an à l'ambassade de France et qui baragouinait un peu le mongol et nous aida à ne pas dépendre entièrement de nos accompagnateurs officiels. Très peu de gens parlaient anglais et le français était à peu près inconnu. La langue mongole s'écrivait depuis les années 1920 en caractères cyrilliques avec quelques variantes pour représenter des sons inconnus du russe. Elle s'écrivait auparavant au moyen d'un alphabet original, n'ayant rien à voir avec les idéogrammes chinois ni avec l'alphabet tibétain. Les textes s'écrivent avec des lignes de haut en bas (comme le chinois traditionnel) mais en commençant par la gauche, ce qui fait du mongol un cas spécifique pour les traitements de texte. En 1991, nous avons observé un net renouveau des inscriptions en écriture mongole bien que le cyrillique soit de loin dominant.


extrait du site Omniglot

Après Ulan Bator, nous prîmes l'avion, un An-24 bimoteur un peu "fatigué", pour aller à l'ouest retrouver les sources de l'empire mongol. Après une approche un peu mouvementée (l'avion passa à 5 mètres au-dessus de la colline dans la trajectoire d'approche) nous nous posâmes sans dommage sur une piste de terre et nous fûmes abordés par le service de" l'aéroport" de Khujirt une jeep et quelques cavaliers. Nous fûmes logés dans un camp de ger (mot mongol pour "yourtes") tout à côté d'un sanatorium, institution soviétique regroupant base de repos pour travailleurs méritants et station thermale.
Sur la piste entre Khurjit et Karakorum, nous nous arrêtames une demi-heure dans un grand monastère en reconstruction (Amarbayasgalant ?) où les bonzes chantaient un office, le premeir aperçu de l'importance que conservait encore la religion dans ce pays.

De là, nous visitâmes les ruines de Karakorum, le peu qui reste de l'ancienne capitale de Chinggis-Khan, le monastère d'Erdene-Zuu et un monastère bouddhique en reconstruction. Nous pique-niquâmes au bord de l'Orghon, la rivière mythique des empereurs mongols où des aigles vinrent partager avec nous les restes du barbecue. Erdenu-Zhuu s'étend sur une enceinte carrée de près de 16 ha entourée de murs ornés de 108 stupas. Lors de notre passage, un sanctuaire ancien et un neuf en construction étaient consacrés au culte, les autres n'ayant qu'un rôle de musée.Ce monastère a été construit en 1586 sur le sruines de Karakorum.

Puis nous prîmes le chemin du désert de Gobi, toujours en avion via Ulan-Bator. Le camp de yourtes situé à côté du champ d'atterrissage -on allait à pied à l'avion- était réservé aux touristes, en majorité des Japonais. Il était flanqué d'un yourte musée où on était invité à prendre le thé au lait chauffé sur un lit de bouses, avant de nous servir, la gardienne veillait à en verser une partie aux quatre points cardinaux. Ce camp comportait aussi une boutique où on vendait des colifichets locaux et des objets de propagande glorifiant le grand empereur Chinggis Khan. Une boîte nuit disco plus fréquentée par les chauffeurs et accompagnateurs mongols que par des touristes fatigués par les longs trajets en 6x6 sur les pistes complétait le décor.

Nous visitâmes un campement nomade élevant des centaines de chameaux, où nous assistames au retour des chamelles venant retrouver leurs petits au mileu d'un concert qui était tout sauf mélodieux. Nous visitâmes un des sites où furent découverts de nombreux squelettes de dinosaures (un petit musée en conserve une partie). Nous réveillâmes les marmottes sur notre passage. Nous expérimentâmes un barbecue sous la pluie, où nos chauffeurs trouvant que le charbon de bois avait du mal à prendre l'arrosèrent de gas-oil ce qui ne manqua pas de donner à la viande un goût particulier peu recommandable (une affaire pour les aigles).

De retour à Ulan Bator, nous visitâmes l'ancien palais royal de Bogd Khan d'Urga transformé en musée. Nous découvrîmes les relations complexes entre la Mongolie et le Tibet, deux pays bouddhistes où les pouvoirs spirituels et temporels étaient confondus et où le dalai-lama de Lhassa était souvent originaire de Mongolie. Le musée comprend des oeuvres de Zanabazar une sorte de Léonard de Vinci mongol, moine, architecte, sculpteur, ingénieur.
Nous visitâmes le monastère du Gandan Thekchenling en plein renouveau où de jeunes moinillons retrouvaient les vieux bonzes survivants des persécutions des années 1930. Ce monastère était en train d'émettre des "actions" pour financer son développement. Je posterai une copie de ma souscription de quelques tugrik lorsque le retrouverai.
Nous visitâmes aussi le musée d'Histoire Naturelle qui contient des fossiles de dinosaures parmi les plus spectaculaires au monde.
Nous assistâmes à une soirée de musique mongole, probablement les plus dépaysantes.

Nous partîmes ensuite en bus visiter dans les montagnes à l'Est de Ulan Bator les restes d'un monastère  Manzusri célèbre par ses sculptures de pierre et ses pèlerinages traditionnels. ll fut pratiquement rasé en 1938.

Le retour à Irkoutsk se fit par avion de Mongolian Airlines, encore un An-24 mais cette fois aux normes internationales avec des sièges qui ne s'effondrent pas et avec des ceintures de sécurité. Pusi nous retournâmes passer deux jours à Moscou.